Meeting de Forbach : les héros locaux sont fatigués

Pas en forme la veille à Nancy, Quentin Bigot n’a pas fait mieux au meeting de Forbach ce dimanche. Son 73,17 m rappelle son creux du moment et la difficulté de revenir après une opération. Pour Marie-Ange Rimlinger, autre locale du jour, la déception était aussi à la ligne d’arrivée.

C’est dès son second lancer qu’Ethan Katzberg a rappelé au public du meeting de Forbach qu’il venait d’une autre planète, faisant retomber l’acier à 80,12 m. En l’absence de Pawel Fajdek, la première place semblait lui tendre les bras, d’autant que Wojciech Nowicki restait à 76,47 m. Le Canadien se frisait sa (déjà) légendaire moustache et faisait l’épreuve en tête dès le début, son premier jet à 77,96 m n’ayant pas trouvé de surenchère adverse aux premiers essais.

C’est le Français, Yann Chaussinand qui tenait tête au leader d’Outre-Atlantique, donnant à l’épreuve du marteau un semblant de suspense en balançant à 79,31 m à son troisième essai.

Du spectacle pour le public, qui attendait impatiemment l’épreuve phare. Avec ce regret que le show n’ait pas été co-animé par le local de l’étape, le Gandrangeois Quentin Bigot. Le Mosellan, qui n’y était pas, s’est contenté d’une quatrième place avec un petit 73,17 m.

Mais pas question pour le Lorrain de minimiser les chiffres : « C’était vraiment très, très dur. C’est ma moins bonne compétition sur les quatre dernières que j’ai faites ». La raison, il la connaît : « Il m’a manqué du pied, mais, globalement, c’est le cas depuis le début de la saison ».

Le trentenaire rappelle aussi l’état de son carnet de santé : « Je reviens quand même d’une opération et d’une blessure qui n’étaient pas anodines. Ce n’est pas évident de revenir à son meilleur niveau en une saison après une intervention du dos. J’essaie de faire les choses par étapes ».

« Il y a deux ans, je l’aurais battu ! »

Et la prochaine étape devrait être les championnats d’Europe, en juin, à Rome. Pas grâce à des minima qu’il n’a pas décrochés ce dimanche ni samedi à Nancy , mais « c’est bon, a priori, avec le ranking ». Le Mosellan a deux semaines pour se préparer, puis viendront « d’autres phases jusqu’en juillet pour me qualifier pour les Jeux ».

Quentin Bigot n’est pas homme à être amer et sentait dès son premier lancer la tendance du jour : « J’étais déjà fatigué à Nancy la veille, et j’étais… à 74 m. J’avais eu une semaine dure d’entraînement. Je paie ces moments qui ont mangé de l’énergie ». Mais de se rappeler aussi qu’« il y a deux ans, je faisais un 80,14 m, ici même. J’aurais battu Ethan ! (rires)  » Philosophe, il salue le parcours du Canadien : « Chacun a sa vie, son rythme. Moi, c’est la première fois de ma vie que je suis en difficulté à ce point, mais c’est ça le sport de haut niveau ! »

C’est bien ce que devait se dire Marie-Ange Rimlinger en sortant de son 100 m bouclé en 11’61, un temps loin des 11’24 qui l’auraient emmenée à Rome : « Je finis 4  mais j’étais venue chercher un temps, pas une place. Ma performance est vraiment nulle. Je ne sais pas encore à quoi c’est lié, je vais voir avec mon coach. Mais c’est le sport ». Son 200 m la rassurait à peine : « Ma course est correcte, je pars bien, je fais un bon 150 puis je craque complètement. C’est juste du physio, ça va… »

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